Bulle BD

Sur ce blog, je partage avec vous mes découvertes et lectures en rapport avec l’univers de la bande dessinée.

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  • Captain Biceps, Tome 8 : L’Atomiseur — 22 ans de baffes et pas une ride !

    Auteurs : ZEP (scénario), TEBO (dessin)

    Note : 4.5 sur 5.

    Vingt-deux ans. C’est le temps qui nous sépare de la sortie du tout premier tome des aventures de Captain Biceps. Et pourtant, en ouvrant ce huitième opus intitulé « L’Atomiseur », j’ai eu l’impression de retrouver un vieil ami qui n’aurait pas pris une seule ride (mais qui aurait peut-être encore forcé sur les haltères). Quel bonheur de replonger dans l’univers déjanté de Zep et Tebo ! Pour moi, cette série est bien plus qu’une simple parodie de super-héros : c’est un rendez-vous immanquable avec le rire.

    Un plaisir qui se partage en famille

    Si j’ai un affect aussi particulier avec Captain Biceps, c’est avant tout parce que c’est un moteur à éclats de rire pour toute ma petite tribu. Chez nous, on s’arrache l’album dès qu’il arrive sur la table basse. Il n’y a rien de plus gratifiant, en tant que parent et amateur de BD, que d’entendre l’un de ses enfants pouffer de rire tout seul dans son coin en tournant les pages. L’humour de Zep et Tebo possède cette force rare : il est universel, immédiat et diablement efficace, peu importe l’âge du lecteur.

    Des icônes modernes passées à la moulinette

    Ce qui m’a régalé dans ce nouveau tome, c’est de voir comment le duo d’auteurs parvient à renouveler ses cibles. Captain Biceps ne se contente plus de froisser les capes de chez Marvel ou DC ; il s’attaque désormais aux poids lourds de la culture manga. Le voir en découdre avec Luffy de One Piece ou l’invincible Saitama de One Punch Man est un pur régal de détournement. Les auteurs s’amusent même à intégrer des figures de la scène française comme Bigflo et Oli, ou des monstres sacrés comme Godzilla. Le résultat est systématiquement le même : notre anti-héros favori sort victorieux, souvent de la manière la plus absurde possible.

    La recette magique : rythme et zygomatiques

    Visuellement, je reste scotché par le travail de Tebo. Son trait est d’un dynamisme incroyable, servant parfaitement le rythme effréné des gags. Chaque planche est une explosion d’énergie où les coups pleuvent avec une précision chirurgicale pour nos zygomatiques. C’est une BD qui fait du bien, qui ne se prend jamais au sérieux et qui nous rappelle que la « franche rigolade » est un art à part entière. Entre l’action survitaminée et les situations totalement loufoques, je n’ai pas boudé mon plaisir une seule seconde.


    Conclusion

    Vous l’aurez compris, ce tome 8 est pour moi une réussite totale. « L’Atomiseur » porte bien son nom : il pulvérise l’ennui et confirme que Captain Biceps reste le roi incontesté de la baffe parodique. Que vous soyez nostalgique des débuts ou que vous cherchiez simplement une lecture pour égayer vos soirées en famille, foncez. C’est frais, c’est drôle, et ça fait un bien fou !

    Le mot de l’éditeur – Glénat:
    Ses os sont en acier et ses muscles en béton, vous l’aurez compris, Captain Biceps, l’homme le plus fort de la planète est de retour !Après avoir cassé la figure à un nombre incalculable de gugusses, Captain Biceps traverse cette fois le multivers pour affronter des ennemis de toutes galaxies et de tous horizons. De Marvel au manga, en passant par Minecraft, tout le monde va casquer lors d’affrontements hilarants, dont notre héros sort toujours victorieux, mais pas toujours glorieux…

    Fiche de l’éditeur – Glénat

  • Dina et le millimonde : Quand l’infiniment petit devient une grande épopée

    Auteurs : Antonello Dalena (dessin), Stéphane Lapuss’

    Note : 4 sur 5.

    Il est des albums qui, dès la couverture, me promettent une évasion immédiate. Avec Dina et le millimonde, les éditions Dupuis confirment leur savoir-faire en matière de BD jeunesse de haute volée. Entre quête familiale et merveilleux miniature, ce premier tome pose les bases d’une épopée rafraîchissante qui a su me charmer autant par son rythme que par sa sensibilité.

    Un équilibre entre deuil et évasion

    L’histoire débute pourtant sur une note délicate : l’absence. Voilà un an que le père de Dina a disparu. Si j’ai ressenti une mélancolie palpable dans les premières pages, j’ai été bluffé par la manière dont le récit bascule avec brio dès que Dina franchit le seuil du « Millimonde ». L’équilibre est ici parfaitement maîtrisé : la tristesse initiale ne pèse jamais sur le rythme. Au contraire, j’ai suivi avec plaisir une aventure dynamique où les rebondissements s’enchaînent, transformant une quête personnelle en une exploration fantastique pleine de vie.

    Un parfum de nostalgie réconfortant

    En parcourant les planches, j’y ai retrouvé un peu des Minipouss, ce dessin animé qui a bercé mon enfance, et je dois dire que cela m’a fait beaucoup de bien. Antonello Dalena, avec son trait rond et expressif hérité de l’école Disney/Pixar, donne vie à cet univers miniature avec une générosité incroyable. Ses décors, où un simple brin d’herbe devient une forêt majestueuse, ont réveillé mon imaginaire. Le dessin n’est pas seulement beau, il est rassurant et d’une lisibilité exemplaire, même pour les plus jeunes.

    Une lecture à partager en famille

    Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la capacité de cet album à fédérer. C’est typiquement l’ouvrage qui va « tourner » à la maison. Drôle, trépidant et visuellement irréprochable, c’est pour moi un exemple de ce que la bande dessinée jeunesse peut offrir de mieux : une porte d’entrée vers l’imaginaire qui n’oublie jamais de traiter ses thèmes avec intelligence.


    Conclusion

    En résumé, ce premier tome est une réussite totale. J’en suis ressorti avec le sourire et une envie pressante de découvrir la suite. Si vous cherchez une lecture qui saura réconcilier toutes les générations, ne cherchez plus : Dina vous attend dans les hautes herbes.

    Le mot de l’éditeur – Dupuis:
    Être ado, c’est se sentir GRAND. Sauf si une vieille malédiction moisie vous a réduit à une taille de 5 mm ! Piégée dans un village de lilliputiens réfugiés dans le grenier de sa grand-mère, la jeune Dina va ainsi affronter chat et insectes devenus géants, intenses luttes de pouvoir et même un secret pâtissier ! Entre action et humour, bienvenue dans la plus mini des grandes aventures !

    Fiche de l’éditeur – Dupuis

  • « Sauvage » ou l’éclat d’un conte doux-amer

    Auteur : Rosalia Radosti (scénario et dessin)

    Note : 3.5 sur 5.

    Il était une fois Rosalia Radosti, dont j’ai découvert le talent sur les réseaux sociaux à travers ses magnifiques illustrations. C’est donc tout naturellement que je me suis plongé dans son premier album édité en France, Sauvage, curieux de voir comment son univers graphique allait s’épanouir sur la longueur d’un récit complet.

    La noirceur sous le merveilleux

    L’histoire nous entraîne sur les pas d’une jeune princesse rebelle dont la route croise celle de Rodrigue. Mais derrière cette rencontre aux airs d’idylle classique se cache une vérité bien plus sombre. Nous sommes ici bien plus proches de la rudesse des écrits des frères Grimm que des adaptations lissées de Disney. Ce ton, plus viscéral, apporte une profondeur bienvenue au récit. Si la structure reste fidèle aux codes traditionnels, le propos se révèle résolument moderne, notamment grâce à un twist efficace qui intervient à la moitié de l’album et bouscule nos attentes.

    Un enchantement visuel permanent

    Dès les premières pages, j’ai été emporté par le travail graphique de l’autrice. Son dessin, d’une précision remarquable, retranscrit à la perfection l’essence même du conte. Les paysages sont denses, les costumes détaillés et les personnages d’une grande expressivité. Chaque planche est un plaisir pour les yeux, une explosion de couleurs qui rend l’immersion immédiate et totale. On sent ici toute la force de l’illustratrice qui sait transformer chaque case en un tableau narratif. Visuellement, c’est un sans-faute, un pur enchantement.

    Le regret d’une lecture trop brève

    Cependant, malgré tout le plaisir pris durant cette lecture, j’éprouve une légère frustration quant au rythme. Moi qui trouve habituellement les contes un peu trop longs, j’ai ressenti ici l’inverse : j’aurais aimé que le récit soit plus détaillé, plus étalé. L’univers proposé par Rosalia Radosti m’a tellement enchanté que j’aurais apprécié m’y attarder davantage, explorer plus en profondeur les zones d’ombre de cette intrigue qui file peut-être un peu trop vite vers sa conclusion.


    Conclusion

    Au final, Sauvage est une bonne découverte. Une relecture moderne, sombre et magnifique qui confirme que Rosalia Radosti est une artiste à suivre de très près. Si vous aimez les beaux objets et les histoires qui ont du caractère, foncez.

    Le mot de l’éditeur – Ankama:
    Dans le lointain royaume de Val des Roses naît Sauvage. Fille du roi et de la reine, la princesse grandit libérée de l’hypocrisie et des coutumes chères à la cour : elle monte à cheval, tire à l’arc et court dans les bois. Bientôt, la petite fille devient une jeune femme rebelle. Alors, quand elle accepte de se marier, les prétendants fuient, effrayés par son caractère bien trempé. Jusqu’à ce que le chemin de Sauvage croise celui de Rodrigue. Ce jeune garçon charmant partage les mêmes passions que la princesse.
    Leur avenir semble tout tracé, mais l’histoire de Sauvage n’est pas un conte de fées, bien au contraire…

    Fiche de l’éditeur – Ankama – Sauvage

  • Thorgal Saga, Tome 6 : La déesse d’ambre

    Auteur : Valérie Mangin (scénario), Christophe Bec (dessin)

    Note : 4 sur 5.

    La collection Thorgal Saga continue de s’imposer comme une parenthèse enchantée pour les amoureux de l’Enfant des Étoiles. Après les réussites graphiques et narratives de Robin Recht ou du duo Ozanam/Aouamri, c’est au tour de Valérie Mangin et Christophe Bec de s’attaquer à l’icône créée par Van Hamme et Rosiński. Pari risqué ? Peut-être. Mais le résultat, intitulé La déesse d’ambre, prouve que le héros viking a encore bien des secrets à nous livrer.

    Un souffle d’aventure retrouvé

    Le premier constat qui s’impose à la lecture de cet opus est la fluidité de son récit. Valérie Mangin nous replonge dans une époque bénie de la série, celle où Jolan est encore un enfant et où la famille est le moteur de chaque action de Thorgal. L’intrigue, centrée sur une malédiction mystérieuse ne frappant que les hommes, est menée tambour battant. On y retrouve ce qui fait l’essence de la série : une quête désespérée contre le temps, une menace sourde et des enjeux personnels forts. Le rythme est impeccable, porté par des personnages secondaires solides qui donnent une véritable épaisseur à ce « one-shot ».

    L’équilibre parfait entre Mythe et Réalité

    Ce qui frappe dans cet album, c’est la justesse du dosage entre le folklore viking et l’onirisme fantastique. L’introduction de Huldra, la déesse d’ambre, apporte cette touche de mysticisme indispensable à l’univers de Thorgal sans jamais trahir le réalisme historique des décors. On navigue entre les ports du Northland et les forêts hantées par des forces anciennes avec une aisance remarquable. La magie n’est pas un artifice, elle est une composante organique de l’environnement, rendant la menace pesant sur Jolan et les villageois d’autant plus tangible.

    Le grand retour de Christophe Bec

    Mais la véritable déflagration de cet album est visuelle. On connaissait le talent de Christophe Bec pour les ambiances sombres et les architectures imposantes, mais il livre ici une prestation que l’on n’avait pas vue depuis des années. On sent une imprégnation totale, presque une dévotion au trait de Rosiński tout en conservant sa propre identité. Les planches sont d’une richesse incroyable, et certaines doubles pages offrent un spectacle à couper le souffle, nous rappelant que la bande dessinée est avant tout un art de l’émerveillement. La passion de l’auteur transpire à chaque case, faisant de cet album un objet d’art autant qu’une aventure.


    Conclusion

    Ce nouveau Thorgal Saga est, sans conteste, un très grand cru. En réussissant à marier un scénario limpide et efficace à une démonstration graphique magistrale, le duo Mangin/Bec redonne ses lettres de noblesse à la série. C’est un voyage intense, respectueux et visuellement époustouflant qui rappelle pourquoi Thorgal reste, encore aujourd’hui, le roi de l’aventure fantastique.

    Le mot de l’éditeur – Le Lombard:
    Dans un port du Northland, Thorgal vient en aide à la jeune Ingrid, attaquée par des brigands. Pour le remercier, elle lui offre un collier orné d’une perle d’ambre. Mais ce précieux cadeau est empoisonné : il fait tomber Jolan dans un profond sommeil dont rien ne peut le tirer.
    Reparti en quête d’Ingrid, Thorgal découvre un village menacé par un gigantesque incendie, où tous les hommes semblent en proie à la même malédiction que son fils. Que s’est-il passé ? Seules leurs femmes et surtout Huldra, la déesse d’ambre, le savent.

    Fiche de l’éditeur – Le Lombard – Thorgal Saga Tome 6, la déesse d’ambre

  • Terre ou Lune : Le vol majestueux de Jade Khoo

    Auteur : Jade Khoo

    Note : 5 sur 5.

    Il est de ces découvertes qui marquent une année dès ses premiers balbutiements. Alors que février pointe à peine le bout de son nez, le premier tome de Terre ou Lune s’impose déjà comme un pilier de 2026. Jade Khoo prouve ici qu’elle est bien plus qu’une illustratrice de génie: elle est une narratrice hors pair, capable de tenir le lecteur en haleine sur un pavé de plus de 300 pages.
    Je ne vais (veux) pas mâcher mes mots, Terre ou Lune est mon premier coup de cœur de l’année!

    L’ornithologie au cœur d’un drame familial

    Le récit nous place dans les pas d’Othello, un jeune garçon dont l’innocence vole en éclats à l’âge de sept ans. Sa passion pour l’ornithologie n’est pas qu’un simple passe-temps, c’est son refuge. Au début du récit, Othello porte seul un lourd fardeau, s’enfermant dans ses secrets et sa douleur. C’est là que réside toute la force de ce véritable voyage initiatique: nous suivons, pas à pas, la manière dont il va apprendre à s’ouvrir.
    Ce n’est que progressivement qu’il finit par accorder sa confiance à ses compagnons de l’association d’ornithologie, transformant sa quête solitaire en une aventure humaine poignante.

    Une utopie aux reflets mystérieux

    L’une des grandes forces de l’album réside dans son décor: un monde aux apparences utopiques qui, sous la plume de Khoo, dévoile ses failles et ses mystères au fil des pages. Le rythme est parfaitement maîtrisé, distillant les révélations sans jamais perdre le lecteur. On se laisse happer par cette ambiance singulière où le merveilleux côtoie l’intime, créant une tension narrative constante. C’est un récit qui prend son temps pour mieux nous envelopper, faisant de l’exploration de cet univers un plaisir de chaque instant.

    La maestria de la couleur directe

    Visuellement, l’album est une véritable prouesse. Jade Khoo a fait le choix audacieux et exigeant de la couleur directe. Le résultat est tout simplement somptueux: une légèreté dans le trait qui semble flotter sur la page, alliée à des palettes chromatiques splendides qui donnent vie aux ciels et aux plumages. Chaque planche est une œuvre d’art en soi, un travail touchant qui renforce l’immersion. On ne lit pas seulement Terre ou Lune, on le contemple, on le respire. C’est un régal visuel qui sublime la profondeur du scénario.


    Conclusion

    Ne tournons pas autour du pot : Terre ou Lune est le choc de ce début d’année. Jade Khoo signe une œuvre complète, vibrante et d’une maturité impressionnante pour une jeune autrice. Entre drame familial, quête de vérité et splendeur graphique, ce premier tome est une invitation au voyage qu’il serait criminel de décliner. Si c’est cela que représente la nouvelle génération de la bande dessinée, alors l’avenir du 9e art est entre de très bonnes mains. Foncez-y, vous n’en ressortirez pas indemnes.

    Le mot de l’éditeur – Morgen:
    Othello a beau se le répéter en boucle, l’acte qu’il vient de commettre est irréparable.
    Du haut de ses sept ans, lui qui n’avait d’yeux que pour les oiseaux et leurs promesses d’évasion, vient de tuer son père.
    Derrière cette tragédie familiale, de nombreux secrets enfouis, une enfance bafouée, et l’ombre d’un héritage dont il ignore encore la portée.

    Fiche de l’éditeur – Morgen – Terre ou Lune

  • Le Serment – La médecine face à l’horreur

    Auteurs : Mathieu Gabella (scénario), Mickaël Bourgouin (dessin et couleurs)

    Note : 4 sur 5.

    On dit souvent qu’il faut écouter son libraire, et la lecture du Serment (Glénat) vient confirmer cette règle d’or. Derrière une couverture intrigante se cache un thriller horrifique d’une redoutable efficacité. C’est le genre d’album qui vous saisit sans prévenir, vous entraînant dans une spirale où la déontologie médicale se heurte à des ténèbres insoupçonnées.

    Un scénario à combustion lente

    La grande force de Mathieu Gabella dans cet opus réside dans sa maîtrise du tempo. Le récit commence de manière presque clinique, posant ses pions avec une retenue qui ne laisse absolument pas présager le basculement à venir. C’est un exercice de haute voltige : maintenir l’intérêt du lecteur sans trop en dévoiler. Cette montée en puissance, organique et inexorable, transforme une simple consultation médicale en un cauchemar dont on ne ressort pas indemne. L’effet de surprise est total, et il est rare de voir un album gérer aussi bien son « twist » central.

    Alexandre : l’éthique au scalpel

    Au cœur de cette tourmente, nous suivons Alexandre, un personnage dont la complexité confine à l’antipathie. Médecin radié, il n’a pourtant jamais vraiment lâché le métier, préférant exercer ses talents dans les recoins sombres de la pègre. Ce n’est pas un homme qui a tourné le dos à sa science, mais un praticien qui l’a pervertie pour survivre. Le voir ainsi rattrapé par les obligations morales de son serment initial alors qu’il s’est habitué à soigner l’illicite crée une tension psychologique fascinante. Il est confronté à ce qu’il est devenu face à ce qu’il aurait dû être.

    L’esthétique du noir : l’influence de la ligne brisée

    Graphiquement, la claque est au rendez-vous. Le travail de Mickaël Bourgouin est une révélation pour quiconque aime les encrages profonds et les compositions dynamiques. On ressent une filiation avec le style de Sean Murphy dans cette manière de hachurer les visages, de donner de l’angle aux mâchoires et de l’impact aux scènes d’action. Les noirs sont intenses, presque poisseux, et servent magnifiquement l’ambiance horrifique. Chaque planche semble avoir été pensée pour accentuer la tension, rendant la lecture aussi nerveuse que le rythme du cœur d’Alexandre.


    Conclusion

    Le Serment est une lecture haletante qui prouve que le thriller horrifique a encore de beaux jours devant lui quand il est servi par une narration aussi solide. C’est une œuvre qui bouscule, surprend et captive jusqu’à la dernière case. Si vous cherchez un album capable de vous faire oublier le monde extérieur tout en vous donnant quelques frissons, ne cherchez plus : le diagnostic est sans appel, c’est une réussite totale.

    Le mot de l’éditeur – Glénat:
    Médecin radié de l’Ordre, Alexandre ne travaille plus que pour la pègre : braqueurs blessés, mules en overdose, règlements de comptes ratés… Ses patients sont violents, mais ils paient bien. Il a mis au point des protocoles pour être disponible, tout en restant anonyme et en sécurité. Surtout, il a compris qu’il avait du pouvoir sur eux. Pour le milieu, désormais, il est le « Docteur ». Mais un soir, alors qu’il soigne un jeune braqueur sous l’œil menaçant de son grand frère, un homme s’infiltre trop facilement dans son repaire. L’intrus, Zacharie, se présente comme… un chasseur de vampires. Et tout en exhibant une marque de morsure au cou, il prévient : « Tant qu’il y a du soleil, ça ira. Mais dès qu’il fera nuit, je me transformerai, et je vous tuerai. Vous avez une journée pour empêcher ça. ».

    Fiche de l’éditeur Glénat – Le Serment de Gabella et Bourgouin