Auteur : Rosalia Radosti (scénario et dessin)
Il était une fois Rosalia Radosti, dont j’ai découvert le talent sur les réseaux sociaux à travers ses magnifiques illustrations. C’est donc tout naturellement que je me suis plongé dans son premier album édité en France, Sauvage, curieux de voir comment son univers graphique allait s’épanouir sur la longueur d’un récit complet.
La noirceur sous le merveilleux
L’histoire nous entraîne sur les pas d’une jeune princesse rebelle dont la route croise celle de Rodrigue. Mais derrière cette rencontre aux airs d’idylle classique se cache une vérité bien plus sombre. Nous sommes ici bien plus proches de la rudesse des écrits des frères Grimm que des adaptations lissées de Disney. Ce ton, plus viscéral, apporte une profondeur bienvenue au récit. Si la structure reste fidèle aux codes traditionnels, le propos se révèle résolument moderne, notamment grâce à un twist efficace qui intervient à la moitié de l’album et bouscule nos attentes.
Un enchantement visuel permanent
Dès les premières pages, j’ai été emporté par le travail graphique de l’autrice. Son dessin, d’une précision remarquable, retranscrit à la perfection l’essence même du conte. Les paysages sont denses, les costumes détaillés et les personnages d’une grande expressivité. Chaque planche est un plaisir pour les yeux, une explosion de couleurs qui rend l’immersion immédiate et totale. On sent ici toute la force de l’illustratrice qui sait transformer chaque case en un tableau narratif. Visuellement, c’est un sans-faute, un pur enchantement.
Le regret d’une lecture trop brève
Cependant, malgré tout le plaisir pris durant cette lecture, j’éprouve une légère frustration quant au rythme. Moi qui trouve habituellement les contes un peu trop longs, j’ai ressenti ici l’inverse : j’aurais aimé que le récit soit plus détaillé, plus étalé. L’univers proposé par Rosalia Radosti m’a tellement enchanté que j’aurais apprécié m’y attarder davantage, explorer plus en profondeur les zones d’ombre de cette intrigue qui file peut-être un peu trop vite vers sa conclusion.
Conclusion
Au final, Sauvage est une bonne découverte. Une relecture moderne, sombre et magnifique qui confirme que Rosalia Radosti est une artiste à suivre de très près. Si vous aimez les beaux objets et les histoires qui ont du caractère, foncez.
Le mot de l’éditeur – Ankama:
Dans le lointain royaume de Val des Roses naît Sauvage. Fille du roi et de la reine, la princesse grandit libérée de l’hypocrisie et des coutumes chères à la cour : elle monte à cheval, tire à l’arc et court dans les bois. Bientôt, la petite fille devient une jeune femme rebelle. Alors, quand elle accepte de se marier, les prétendants fuient, effrayés par son caractère bien trempé. Jusqu’à ce que le chemin de Sauvage croise celui de Rodrigue. Ce jeune garçon charmant partage les mêmes passions que la princesse.
Leur avenir semble tout tracé, mais l’histoire de Sauvage n’est pas un conte de fées, bien au contraire…









































