Auteur : Léo Cherel (dessin et scénario)
L’arrivée d’un nouvel acteur dans le monde de l’édition est toujours un événement que je guette avec curiosité, surtout lorsqu’il affiche une ambition claire : remettre le « genre » au centre de la table. Avec Pourpre-Sang : Le Cercle de Nimuée, premier titre de la maison Astrolabe, Léo Cherel nous parachute dans un univers de piraterie mâtiné de fantastique. Entre chasseurs de monstres et intrigues de cour, j’ai plongé dans cette aventure avec un plaisir non dissimulé.
Un univers aux embruns familiers et envoûtants
Dès les premières planches, j’ai été frappé par l’atmosphère qui se dégage de l’œuvre. Léo Cherel ne cache pas ses influences, et pour mon plus grand bonheur, j’y ai retrouvé cette saveur unique propre à Pirates des Caraïbes ou à l’univers décalé de Monkey Island. On y suit Sauln et sa disciple Lorinte, des « Pourpre-Sang » dont la fonction de chasseurs de monstres apporte immédiatement une dimension épique au récit. L’entrée en scène d’Adèle d’Aubépine, aristocrate au caractère bien trempé, lance une escorte qui, on s’en doute, ne sera pas de tout repos. C’est classique, certes, mais l’univers est si bien brossé qu’on s’y sent immédiatement chez soi.
L’art de l’équilibre et du rythme
Ce qui m’a véritablement séduit dans cet album, c’est sa maîtrise du tempo. Je ne connaissais pas encore le travail de Léo Cherel, et c’est une très belle découverte. Il parvient à jongler avec une agilité déconcertante entre des scènes d’action tonitruantes et des moments plus introspectifs. Ces respirations sont essentielles : elles permettent à l’intrigue de s’épaissir et aux mythes de ce monde de prendre racine. Le graphisme, haut en couleurs, sert parfaitement cette dynamique en rendant les affrontements lisibles et les décors immersifs. On sent un auteur qui s’amuse avec ses codes, et cette générosité est communicative.
L’efficacité au service du plaisir de lecture
Si je devais résumer cet album en un mot, ce serait « efficace ». Léo Cherel ne cherche pas à réinventer la roue ou à déconstruire le récit d’aventure pour le plaisir de l’exercice. Au contraire, il embrasse le genre avec une sincérité rafraîchissante. Les trahisons se dessinent, les légendes s’éveillent, et le suspense est distillé avec juste assez de parcimonie pour nous tenir en haleine jusqu’à la dernière page. Ce premier tome d’un diptyque remplit parfaitement son contrat : poser des bases solides, nous attacher à ses personnages et nous laisser avec une envie furieuse de découvrir la conclusion du cycle.
En conclusion
Pourpre-Sang est une lecture que je recommande chaudement à toutes celles et ceux qui cherchent une évasion de qualité. C’est un divertissement solide, porté par un dessin vibrant et un sens de la narration qui ne faiblit jamais. Pour un premier titre chez Astrolabe, c’est un coup de maître qui confirme que la bande dessinée d’aventure a encore de très beaux jours devant elle. Vivement le tome 2 !
Le mot de l’éditeur – Astrolabe:
La profession de PourpreSang n’est pas de tout repos. Pour ces chasseurs de monstres au service des
plus démunis, lier devoir et nécessité de boucler les fins de mois s’avère de plus en plus difficile pour Sauln et sa disciple Lorinte. Jusqu’au jour où ils croisent le chemin d’Adèle d’Aubépine, une jeune noble en quête d’escorte pour l’accompagner à la réception du gouverneur de l’archipel…












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