Auteur : Julien Neel
C’est toujours avec une pointe de nostalgie et une vraie émotion que je me plonge dans un nouvel album de Lou !. La série de Julien Neel compte désormais plus de vingt ans d’existence, et voir grandir cette héroïne au fil des ans reste une expérience assez unique. Chez moi, c’est une histoire de famille : la BD m’accompagne depuis le début et mes enfants ont pris le relais. Ils se retrouvent dans ses doutes, ses envolées et son épanouissement. Autant dire que ce troisième tome de Lou ! Sonata, qui vient clore ce cycle, était particulièrement attendu à la maison.
Le choix de la pudeur à travers les liens familiaux
La fin du tome précédent laissait entrevoir des retrouvailles majeures avec le père de Lou, et l’on pouvait s’attendre à ce que cet album tourne entièrement autour de cette relation. Julien Neel prend pourtant le contre-pied avec une vraie finesse. Si le père et la petite Jeanne (la sœur de Lou) sont bien présents, l’auteur choisit de ne pas en faire le moteur dramatique du récit. Il évite les grandes scènes d’explications pour laisser ces liens se décanter en arrière-plan. Cette présence-absence du père, traitée par touches discrètes, reflète avec beaucoup de justesse la complexité d’une histoire familiale qui s’est construite sans lui.
Et avec l’âge adulte, les doutes…
Une fois la fête terminée et les projecteurs éteints, l’album se recentre sur ce qui fait le cœur du quotidien de Lou : l’après. À 22 ans, il faut affronter les incertitudes concrètes, chercher du travail et accepter ce retour temporaire chez sa mère. Loin d’être un échec, ce retour à la case départ devient un espace de respiration, rythmé par le jeu de cartes divinatoire offert par Paul qui fait miroir avec sa vie intérieure. Mais ce qui rend cette traversée si savoureuse, c’est que Julien Neel n’oublie jamais de faire rire. La galerie de personnages secondaires est toujours aussi gratinée et haute en couleur, à commencer par le petit frère de Lou qui me fait toujours autant rire ! Visuellement, on retrouve rapidement ses marques : des couleurs éclatantes, une ambiance lumineuse et ce trait si caractéristique qu’on reconnaît entre mille dès la première case.
L’art de la narration
Ce qui fait la grande force de cet album, c’est aussi le talent unique de l’auteur pour ne pas tout expliciter. Il laisse des vides entre les cases, des ellipses et des questions en suspens. C’est à nous de faire les liaisons et de lire entre les lignes, ce qui rend la lecture particulièrement gratifiante. En refusant de donner des réponses toutes faites aux doutes de son héroïne de 22 ans, Julien Neel livre un récit profondément humain. La vie d’adulte ne s’accompagne pas d’un mode d’emploi, et c’est cette honnêteté narrative qui rend l’album si touchant.
Conclusion
Ce troisième volet vient clore la parenthèse Sonata avec une grande élégance. Julien Neel réussit à solder un cycle sans brusquer ses personnages, en combinant douceur, humour et réflexion sur le temps qui passe. Quel parcours depuis les premiers pas de cette petite ! C’est un album empreint d’une belle énergie que l’on referme avec le sourire et une gratitude sincère. Merci à Julien Neel pour cette traversée des années… et à très bientôt, Lou.
Lou avance à tâtons, portée par ses amitiés, ses souvenirs et son désir d’émancipation. Alors que la fête bat son plein, et qu’elle souffle ses 22 bougies au milieu du festival de musique de Mortebouse, un événement va bouleverser son équilibre. Son père, qu’elle n’a jamais vraiment connu, réapparaît avec une fille qui n’est autre que sa sœur ! Cette petite Jeanne qui lui ressemble chamboule son quotidien. Entre retrouvailles maladroites et éclats de rire Lou doit apprendre à faire place à l’inattendu.











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