Bulle BD

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Knight Club : Arthur de Pins lâche les chevaliers

Auteur : Arthur de Pins

Note : 4.5 sur 5.

Le nom d’Arthur de Pins évoque immédiatement un style : celui de l’animation, du trait précis, des ambiances décalées et des créatures attachantes. Avec des succès comme Zombillénium ou La Marche du Crabe, l’auteur s’est forgé une place de choix. Son nouveau projet, Knight Club, marque un virage, nous plongeant en plein XIIe siècle au temps des Croisades. Ce premier tome est une véritable bouffée d’air frais, confirmant le talent protéiforme de l’artiste pour la narration et l’image. Il s’agit sans conteste d’une très bonne surprise, mariant avec brio l’épique et le comique.

L’esprit Kurosawa et la force des personnages

Le point de départ de ce récit est à la fois classique et parfaitement exécuté : la jeune forgeronne Séraphine part en quête de mercenaires (chevaliers, pardon…) pour protéger son village natal des ravages et de la barbarie des Croisés francs. Sa route vers Jérusalem la mènera à rassembler un drôle de bataillon : sept guerriers aux caractères… disons, bien trempés et hauts en couleur. L’hommage aux Sept Samouraïs d’Akira Kurosawa est évident et assumé, servant de canevas à une épopée d’une efficacité redoutable. Arthur de Pins excelle une fois de plus dans la création de ses personnages, comme le souligne la mention spéciale accordée à Galcerand de Sanzay, dont la référence à Don Quichotte apporte une touche de folie douce au groupe. L’équilibre entre les dialogues légers et les enjeux dramatiques est parfaitement tenu, distillant l’humour propre à l’auteur même au cœur de situations sombres.

La performance graphique au service de l’action

Ce qui frappe dans cet album, c’est la façon dont Arthur de Pins a su adapter son style si reconnaissable à un genre nouveau pour lui : la grande scène d’action. Sa maîtrise du dessin vectoriel n’est plus à prouver, mais il l’utilise ici pour donner vie à des scènes de combat d’une clarté et d’une puissance impressionnantes. L’auteur a visiblement intégré les codes des récits guerriers, s’inspirant de la dynamique visuelle des mangakas qui utilisent de grandes traînées et des lignes de vitesse pour retranscrire le mouvement. C’est un volet nouveau dans son répertoire graphique. Les affrontements sont parfaitement chorégraphiés, et certaines planches se révèlent même assez sanglantes et extrêmement bien rendues, prouvant qu’il peut conjuguer son trait élégant à une intensité dramatique brute. Le pari est réussi : l’action est lisible et viscérale.

Une lecture réjouissante

Le plaisir qu’a pris Arthur de Pins à réaliser cet album transparaît à chaque page. En s’éloignant des univers de la fantasy et du fantastique qui ont fait sa renommée (les monstres de foire de Zombillénium), il prouve qu’il est capable de se renouveler en explorant un récit historique d’aventure, tout en y injectant son ADN humoristique et son sens du rythme. Ce premier tome de Knight Club est un récit qui s’affranchit des attentes pour proposer une œuvre complète : un scénario solide, des personnages mémorables et une qualité graphique de premier ordre.

Conclusion

En conclusion, Knight Club est une lecture hautement recommandée. Elle ravira les fans de la première heure tout en attirant ceux qui aiment les récits d’aventure bien ficelés. C’est une excellente façon de conclure l’année en bande dessinée, et l’on a hâte de retrouver cette troupe de mercenaires pour la suite de leurs péripéties.

Le mot de l’éditeur – Dupuis:
« Bienvenue au XIIe siècle, cette époque délicieuse où porter une armure en métal sous un soleil brûlant est à la mode ! Séraphine, forgeronne et armurière émérite, arpente les déserts brûlants de la Terre sainte à la recherche d’une escouade de guerriers assez téméraires – ou inconscients – pour protéger son village natal des croisés francs qui menace de revenir piller les habitants sous peu.
Pour la première fois, Arthur de Pins se lance dans un roman graphique, en deux volumes et sur un sujet adulte, tout en conservant son humour et sa mise en scène dynamique héritée du cinéma d’animation. »

Fiche de l’éditeur – Dupuis – Knight Club d’Arthur de Pins

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