Bulle BD

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Le Serment – La médecine face à l’horreur

Auteurs : Mathieu Gabella (scénario), Mickaël Bourgouin (dessin et couleurs)

Note : 4 sur 5.

On dit souvent qu’il faut écouter son libraire, et la lecture du Serment (Glénat) vient confirmer cette règle d’or. Derrière une couverture intrigante se cache un thriller horrifique d’une redoutable efficacité. C’est le genre d’album qui vous saisit sans prévenir, vous entraînant dans une spirale où la déontologie médicale se heurte à des ténèbres insoupçonnées.

Un scénario à combustion lente

La grande force de Mathieu Gabella dans cet opus réside dans sa maîtrise du tempo. Le récit commence de manière presque clinique, posant ses pions avec une retenue qui ne laisse absolument pas présager le basculement à venir. C’est un exercice de haute voltige : maintenir l’intérêt du lecteur sans trop en dévoiler. Cette montée en puissance, organique et inexorable, transforme une simple consultation médicale en un cauchemar dont on ne ressort pas indemne. L’effet de surprise est total, et il est rare de voir un album gérer aussi bien son « twist » central.

Alexandre : l’éthique au scalpel

Au cœur de cette tourmente, nous suivons Alexandre, un personnage dont la complexité confine à l’antipathie. Médecin radié, il n’a pourtant jamais vraiment lâché le métier, préférant exercer ses talents dans les recoins sombres de la pègre. Ce n’est pas un homme qui a tourné le dos à sa science, mais un praticien qui l’a pervertie pour survivre. Le voir ainsi rattrapé par les obligations morales de son serment initial alors qu’il s’est habitué à soigner l’illicite crée une tension psychologique fascinante. Il est confronté à ce qu’il est devenu face à ce qu’il aurait dû être.

L’esthétique du noir : l’influence de la ligne brisée

Graphiquement, la claque est au rendez-vous. Le travail de Mickaël Bourgouin est une révélation pour quiconque aime les encrages profonds et les compositions dynamiques. On ressent une filiation avec le style de Sean Murphy dans cette manière de hachurer les visages, de donner de l’angle aux mâchoires et de l’impact aux scènes d’action. Les noirs sont intenses, presque poisseux, et servent magnifiquement l’ambiance horrifique. Chaque planche semble avoir été pensée pour accentuer la tension, rendant la lecture aussi nerveuse que le rythme du cœur d’Alexandre.


Conclusion

Le Serment est une lecture haletante qui prouve que le thriller horrifique a encore de beaux jours devant lui quand il est servi par une narration aussi solide. C’est une œuvre qui bouscule, surprend et captive jusqu’à la dernière case. Si vous cherchez un album capable de vous faire oublier le monde extérieur tout en vous donnant quelques frissons, ne cherchez plus : le diagnostic est sans appel, c’est une réussite totale.

Le mot de l’éditeur – Glénat:
Médecin radié de l’Ordre, Alexandre ne travaille plus que pour la pègre : braqueurs blessés, mules en overdose, règlements de comptes ratés… Ses patients sont violents, mais ils paient bien. Il a mis au point des protocoles pour être disponible, tout en restant anonyme et en sécurité. Surtout, il a compris qu’il avait du pouvoir sur eux. Pour le milieu, désormais, il est le « Docteur ». Mais un soir, alors qu’il soigne un jeune braqueur sous l’œil menaçant de son grand frère, un homme s’infiltre trop facilement dans son repaire. L’intrus, Zacharie, se présente comme… un chasseur de vampires. Et tout en exhibant une marque de morsure au cou, il prévient : « Tant qu’il y a du soleil, ça ira. Mais dès qu’il fera nuit, je me transformerai, et je vous tuerai. Vous avez une journée pour empêcher ça. ».

Fiche de l’éditeur Glénat – Le Serment de Gabella et Bourgouin

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