Auteurs : Denis Bajram (scénario), Xavier Dorison (scénario), Brice Cossu (dessin), Alexis Sentenac (dessin), Yoann Guillo (couleurs)
Pour toute une génération bercée à la fin des années 70/80 par Récré A2, le simple nom de Goldorak suffit à raviver une flamme nostalgique. C’est dire si le défi de faire renaître le robot géant en bande dessinée, plus de 40 ans après, était immense. Et pourtant, le pari porté par l’album paru en 2021 n’est pas seulement réussi : c’est un triomphe.
Ce qui frappe dès les premières pages, c’est le respect absolu de l’œuvre originale de Go Nagai. Loin d’être un simple reboot, cet album, officiellement adoubé par le créateur japonais, se lit comme la suite directe que nous n’avions jamais osé espérer. On retrouve l’ambiance, les enjeux et l’esprit du dessin animé, comme si nous avions quitté Actarus et ses amis la veille. L’histoire reprend des années après la défaite de Vega, alors que la Terre a appris à vivre en paix.
Mais là où cette bande dessinée transcende la simple nostalgie, c’est dans sa qualité d’écriture et visuelle exceptionnelle. Le scénario, signé par le duo de maîtres Xavier Dorison et Denis Bajram, est d’une maturité et d’une profondeur remarquables. Il explore avec finesse des thèmes actuels comme le stress post-traumatique, la crise des réfugiés (ceux d’Euphor accueillis sur Terre) et les tensions géopolitiques face à une arme aussi puissante que Goldorak. Quant au dessin, le travail de Brice Cossu et Alexis Sentenac, sublimé par les couleurs de Yoann Guillo, est époustouflant. Le trait est moderne, le découpage cinématographique, et les scènes de combat contre les nouvelles menaces, comme le terrifiant Hydragon, sont d’une puissance visuelle inouïe.
Le point qui m’a personnellement le plus emballé est l’évolution des personnages. Nous ne retrouvons pas des figures figées dans le temps, mais des êtres qui portent les cicatrices de leurs combats. Actarus n’est plus seulement le prince héroïque, mais un homme tourmenté, un pacifiste hanté par la guerre. Alcor, l’éternel acolyte un peu tête brûlée, a mûri et est devenu un scientifique de premier plan. Cette épaisseur psychologique rend leur retour au combat d’autant plus poignant et crédible.
Conclusion :
Plus qu’un hommage, ce Goldorak est une œuvre complète, intelligente et magnifique. Elle réussit le tour de force de combler l’enfant qui sommeille en nous tout en satisfaisant le lecteur exigeant d’aujourd’hui. Une réussite totale qui prouve que les légendes ne meurent jamais ; elles grandissent avec nous. Indispensable.
Le mot de l’éditeur:
« L’empire de Véga vient de réduire en cendre la lointaine planète d’Euphor. Actarus, son prince, assiste impuissant à la mort des siens. Il parvient néanmoins à échapper au massacre en s’emparant de Goldorak, le plus puissant des robots de combat. »










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