Auteur : Mattéo Scalera
Je me suis lancé dans ce premier tome sans trop savoir où je mettais les pieds, et franchement : quelle claque. Publié chez nous par les éditions Astrolabe après un passage réussi par Kickstarter aux États-Unis, Le Quatrième Père marque le retour de Matteo Scalera. Le dessinateur star des comics américains débarque ici dans un registre beaucoup plus hybride, entre drame familial et cavale poisseuse. Une excellente surprise.
L’héritage familial sous tension…
Le pitch va droit au but : Danny et Sophie, un frère et une sœur aux vies complètement opposées, voient leur quotidien déjà bancal voler en éclats. La cause ? Le retour de Frank, leur père déserteur… qui s’avère être un ancien super-héros traqué. C’est là que le scénario frappe fort : dès les premières pages, la caractérisation des personnages est tranchée et les enjeux sont posés avec une efficacité redoutable. Pas de bavardages inutiles, le récit nous attrape immédiatement par le col et déroule une mécanique narrative d’une fluidité exemplaire. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est l’art avec lequel Scalera dose le mythe du super-héros. L’univers super-héroïque est bien là en arrière-plan, mais il est amené par touches subtiles, sans jamais étouffer l’intrigue familiale ni verser dans la surenchère. Ce rythme soutenu maintient une vraie tension dramatique et permet au livre de fonctionner aussi bien pour un fondu de comics que pour un lecteur de romans graphiques plus intimistes.
Un découpage et un encrage de haut vol
Graphiquement, c’est du très grand art. On connaissait déjà le talent de l’auteur chez Marvel ou DC, mais ici, ses planches dégagent une puissance incroyable. L’encrage est lourd, habité, et les ambiances posent une atmosphère folle dès les premières cases. Mention spéciale au découpage des scènes d’action : c’est fluide, chirurgical, ça claque à chaque page. Scalera insuffle une vraie tension physique à ses personnages, et visuellement, l’album impose un sacré respect.
Lu d’une traite, et maintenant l’attente…
Je n’ai pratiquement aucune réserve sur cette lecture. Le livre se dévore d’une seule traite, tenu en haleine du début à la fin par une caractérisation efficace et des enjeux posés sans perdre de temps. Le seul petit problème en refermant l’album, c’est cette frustration inévitable : le scénario est tellement bien ficelé qu’on se retrouve bêtement au bout du tome 1 avec une envie furieuse d’enchaîner sur le deuxième.
En conclusion
Ce premier tome du Quatrième Père est clairement une excellente surprise. En mariant le roman graphique avec la nervosité du comics, le tout porté par une maîtrise graphique impressionnante, Matteo Scalera réussit son coup. Une lecture que je vous conseille les yeux fermés.
Le mot de l’éditeur – Astrolabe:
Élevés par leur mère, Danny et Sophie ne pouvaient pas être plus opposés. Quand l’une est devenue une femme pompier respectée par ses pairs, l’autre enchaîne les petits boulots et peine à incarner une quelconque stabilité auprès de sa fille Tammy. Liés dans une relation compliquée, Sophie et Danny pourraient néanmoins trouver un équilibre à la faveur du retour tout sauf providentiel de Frank, leur père déserteur et ancien super-héros, désormais traqué…









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